Il n'y pouvait rien comprendre, mais il sentait qu'il avait été, de quelque façon, honteusement berné par Nafferton.
Il se rendit compte qu'il s'était enveloppé sans nécessité d'une peau de cochon, et qu'il lui était impossible de regagner les bonnes grâces du gouvernement.
Tous les gens qu'il connaissait lui demandaient des nouvelles de sa «nébuleuse prolixité», de sa «suffisance bavarde», et cela le rendait extrêmement malheureux.
Il prit le train et alla trouver Nafferton qu'il n'avait pas vu depuis le début de l'affaire du cochon.
Il s'était muni de la coupure du journal.
Il bafouilla péniblement, dit des gros mots, et ne tarda pas à exhaler son dernier ressentiment dans une faible et aqueuse protestation:
—Vraiment, mon cher, ce n'est pas gentil. Nafferton lui témoigna beaucoup de sympathie.
—Je crains de vous avoir donné beaucoup de mal, n'est-ce pas?
—Ce n'est pas de cela que je me plains, gémit Pinecoffin, quoique je me sois donné vraiment beaucoup de mal. Mais ce qui me fâche, c'est d'avoir été ridiculisé dans un journal. Cela me restera comme une tare tant que je serai dans l'administration. Et dire que j'ai fait de mon mieux dans cette interminable histoire de cochon! Ç'a été bien mal de votre part, sur mon âme, bien mal.
—Je ne sais pas, dit Nafferton. Avez-vous jamais été roulé en achetant un cheval? Ce n'est pas l'argent que je regrette, quoiqu'il m'en ait coûté beaucoup, mais ce qui me peine, ce sont les taquineries qui en résultent, surtout quand elles viennent du blanc-bec qui vous a roulé. Mais je crois que nous voilà quittes, maintenant.