Ce fut alors que Nafferton démasqua réellement ses batteries!

Il se plaignit au gouvernement, en un langage digne, de la manière chiche et mesquine dont on avait secondé ses efforts pour créer une «industrie hautement rémunératrice, et de la légèreté avec laquelle ses demandes de renseignements étaient accueillies par un monsieur dont la pseudo-érudition devrait aller au moins jusqu'à connaître les différences de premier ordre qui existent entre le cochon dravidien et la variété dite race Berkshire du genre sus. Si je dois admettre que la lettre à laquelle il me renvoie contient sa vraie manière de voir sur l'acclimatation d'un animal précieux, quoique malpropre peut-être, je me vois, malgré toute ma répugnance, obligé de croire», etc., etc.

Il y avait un nouveau chef au bureau des observations.

Le malheureux Pinecoffin fut informé que les fonctionnaires étaient faits pour le pays et non le pays pour les fonctionnaires, et qu'il ferait mieux de commencer à fournir des renseignements sur le cochon.

Pinecoffin répondit maladroitement qu'il avait écrit tout ce qu'on pouvait écrire sur le cochon, et qu'il avait droit à un congé.

Nafferton se procura une copie de cette lettre, et l'envoya, avec l'essai sur le cochon dravidien, à un journal du Bas-Pays qui imprima le tout.

L'essai était d'un ton presque grandiose, mais si le rédacteur en chef avait vu les monceaux de papiers couverts de l'écriture de Pinecoffin, qui étaient entassés sur la table de Nafferton, il ne se serait pas montré aussi railleur sur la «nébuleuse prolixité et la suffisance bavarde de la moderne bête à concours, et son absolue incapacité à saisir les conséquences pratiques d'une question pratique».

Bon nombre d'amis coupèrent ces remarques et les envoyèrent à Pinecoffin.

J'ai déjà dit que Pinecoffin appartenait à une race molle.

Ce dernier coup l'effraya, le bouleversa.