Yale s'offrit un verre du vieux cognac, trois cigares, et emmena son ami Martyn. Ils quittèrent le mess ensemble.

Yale et Martyn restèrent en tête à tête pendant deux heures dans la chambre de Yale, mais le bull terrier qui garde les embauchoirs de Yale fut seul à savoir ce qu'ils se dirent.

Un cheval coiffé et enveloppé jusqu'aux oreilles sortit de l'écurie de Yale et fut conduit, malgré sa mauvaise volonté, jusqu'au quartier des employés civils.

Le groom de Yale l'accompagnait.

Deux hommes firent irruption dans le théâtre du régiment, et s'emparèrent de plusieurs pots de peintures et de quelques gros pinceaux à brosser les décors.

Puis la nuit tomba sur la caserne, et on entendit le bruit que faisait un cheval en démolissant son box à coups de pieds dans l'écurie de Yale.

Yale avait un grand vieux cheval gallois blanc.

Le lendemain était un jeudi.

Les hommes apprenant que Yale devait tuer le cheval-tambour dans la soirée, résolurent de faire à l'animal des funérailles dignes du régiment, des funérailles plus belles que celles qu'on eût faites au colonel s'il était mort ce jour-là.

Ils se procurèrent un char à bœufs, une quantité de sacs, des tas et des tas de roses, et le corps, bien couvert de sacs, fut transporté à l'endroit où l'on incinérait les victimes du charbon.