Un des articles secondaires de son credo paraissait être qu'il existe un péché plus grand que celui de donner un ordre, c'est celui d'y obéir. Du moins c'est ce que disait Mac Goggin, mais je suppose qu'il avait mal lu ses Éléments.
Je ne dis pas un mot contre ce credo.
Il a été fabriqué là-bas, à Londres, où il n'y a rien autre chose que des machines, de l'asphalte et des bâtisses, et le tout noyé dans le brouillard. On en vient tout naturellement à croire qu'on n'a personne au-dessus de soi, et que le bureau de construction de la capitale a fait toutes choses.
Mais dans ce pays-ci, où vous voyez l'humanité, à cru, tannée, toute nue,—sans que rien s'interpose entre elle et le ciel de feu, sans rien sous les pieds que la terre vieillie, surmenée, c'est une idée qui ne tarde pas à s'évaporer, et bien des gens retournent à des théories plus simples.
Dans l'Inde, la vie ne dure pas assez pour qu'on puisse la gaspiller à prouver que personne n'est spécialement chargé de faire marcher le monde.
Et en voici la raison.
Le délégué est au-dessus de l'assistant, le commissaire au-dessus du délégué, le lieutenant-gouverneur au-dessus du commissaire, et le vice-roi est au-dessus d'eux tous quatre, sous les ordres du secrétaire d'État, qui est responsable devant l'Impératrice.
Si l'Impératrice n'est pas responsable envers son Créateur; et s'il n'y a point pour elle de Créateur envers qui elle soit responsable, c'est que tout notre système d'administration doit être mauvais.
Et c'est chose manifestement impossible.
Au pays, l'on est excusable. On est continuellement à l'écurie, et on y devient intellectuellement dru.