—Au nom du ciel, prêtez-moi des habits convenables.

Comme on ne le reconnaissait pas, il y eut quelques scènes d'un genre tout nouveau, avant que Strickland pût obtenir un bain chaud, avec de la soude, une chemise de l'un, un pantalon d'un autre, et ainsi de suite.

Il partit au galop, emportant sur soi la moitié de la garde-robe du Club, monté sur un poney qui lui était absolument inconnu, pour se rendre chez le vieux Youghal.

Le général, dans son uniforme rouge de drap fin, l'y avait précédé.

Qu'avait dit le général à Youghal, Strickland ne le sut jamais, mais Youghal reçut Strickland avec une civilité modérée, et mistress Youghal, touchée du dévouement qu'avait montré le faux Dulloo, fut extrêmement bonne.

Le général rayonnait et se frottait les mains.

Miss Youghal entra, et avant même que le père Youghal sût bien où il était, le consentement leur avait été arraché et Strickland se mettait en route pour le bureau du télégraphe, accompagné de miss Youghal, pour se faire expédier ses effets.

Le dernier de ses ennuis, ce fut quand un homme qui lui était inconnu l'aborda vivement sur le Mail, et lui réclama un poney volé.

C'est ainsi que Strickland et miss Youghal finirent par se marier, à la condition formelle que Strickland renoncerait à son ancien système, et s'en tiendrait à la routine, qui rapporte plus d'argent et vous fait plus vite envoyer à Simla.

Strickland était trop épris de sa femme pour enfreindre son vœu, mais ce fut pour lui par la suite une pénible épreuve, car les rues et les bazars, et les paroles qui s'y échangeaient, étaient pleins d'indications pour Strickland, tout cela l'invitait à faire une fugue, à reprendre ses pérégrinations et ses découvertes.