La chaleur montait du sol comme le feu du Jugement Dernier.
L'orage s'apaisa un peu au bout de la première demi-heure, et j'entendis une petite voix désespérée tout près de mon oreille. Elle se disait, comme à elle-même, comme une âme perdue qui volèterait emportée par le vent:
—O mon Dieu!
Alors miss Copleigh, la cadette, chancela entre mes bras en disant:
—Où est mon cheval? Trouvez-moi mon cheval. Il faut, il faut que je rentre à la maison, il le faut. Ramenez-moi à la maison.
Je pensai que les éclairs et la noirceur de la nuit l'avaient effrayée. Aussi dis-je qu'il n'y avait aucun danger, mais qu'il fallait qu'elle attendît la fin de l'orage.
Elle répondit:
—Ce n'est pas cela, ce n'est pas cela! Il faut que je rentre. Oh! emmenez-moi d'ici!
Je dis qu'elle ne pouvait pas partir avant qu'on y vît clair, mais je sentis qu'elle me frôlait en passant et qu'elle s'éloignait.
De quel côté? Il faisait trop noir pour qu'on pût le voir.