Nous étions serrés les uns contre les autres, à côté des chevaux qui tremblaient, pendant que le tonnerre babillait au-dessus de nous, que les éclairs pleuvaient du ciel, en nappe comme l'eau d'une écluse, de tous les côtés à la fois.
On ne courait aucun danger, certes, à moins que les chevaux ne rompissent leurs liens.
J'étais debout, la tête tournée du côté opposé à la direction du vent, les mains sur ma bouche. J'entendais les arbres se fouetter mutuellement.
Je ne pouvais voir ce qui se trouvait près de moi que quand il faisait des éclairs.
Alors je reconnus que j'étais terré près de Saumarez et miss Copleigh l'aînée, avec mon cheval juste devant moi.
Si je reconnus miss Copleigh l'aînée, c'est qu'elle avait un puggry[11] autour de son casque, et que la cadette n'en avait pas.
[11] Turban de gaze ou de mousseline.
Toute l'électricité qui se trouvait dans l'air avait passé dans mon corps. J'étais tout frémissant, tout vibrant, de la tête aux pieds, tout comme lorsqu'un cor vous donne une sensation de battement, une douleur lancinante, quand le temps est à la pluie.
C'était une tempête grandiose.
On eût dit que le vent ramassait la terre pour la jeter à droite en grands tas.