Il n'y a pas là de quoi rire. Nous avons un très petit nombre de distractions dans les stations lointaines.

Puis, nous causâmes par groupes ou ensemble, couchés sous les arbres, pendant que les roses, grillées par le soleil, laissaient tomber leurs pétales à nos pieds, en attendant le souper.

Ce fut un beau souper, aussi froid, aussi glacé que vous pouviez le désirer, et nous prîmes notre temps pour le savourer.

J'avais senti l'air s'échauffer de plus en plus, mais personne n'avait paru s'en apercevoir jusqu'au moment où la lune disparut, où un vent brûlant commença à fouetter les orangers avec un bruit comparable à celui de la mer.

Avant que nous puissions nous rendre compte de ce qui se passait, l'orage de poussière fondait sur nous, et faisait de tout ce qui nous entourait un tourbillon hurlant et sombre.

La table du souper fut emportée par le travers dans la pièce d'eau.

Nous n'osions pas nous arrêter quelque part aux environs de la vieille tombe, de peur qu'elle ne fût déracinée par une rafale. Aussi chercha-t-on à se diriger à tâtons vers les orangers où nos chevaux étaient à l'attache et à y attendre que l'orage passât.

Alors le peu de lumière qui restait disparut, et on n'aurait pu distinguer sa main devant sa figure.

L'air était lourdement chargé de poussière et de sable venant du lit de la rivière. Tout cela remplissait les bottes et les poches, coulait le long du cou, formait une couche sur les sourcils et les moustaches.

C'était un des pires orages de sable de l'année.