Il ne devait pas avoir beaucoup plus de trente-cinq ans de plus qu'elle, et comme il avait deux cents roupies par mois, et avec cela de la fortune personnelle, il était assez à son aise.

Il appartenait à une bonne famille, et quand il faisait froid, il souffrait d'une affection des poumons. En été, il vacillait sur le bord de l'apoplexie par insolation, mais jamais elle ne vint à bout de le tuer.

Entendez-moi bien, je ne blâme pas Schreiderling: il était bon mari, suivant ses idées, et il ne se mettait en colère que quand on le soignait, ce qui arrivait environ dix-sept jours par mois.

Il était très large avec sa femme sur les questions d'argent, et c'était, selon lui, une concession.

Et cependant, mistress Schreiderling n'était point heureuse.

On l'avait mariée quand elle avait moins de vingt ans et qu'elle avait donné à un autre tout son pauvre petit cœur.

J'ai oublié son nom, mais nous l'appellerons l'Autre.

Il n'avait ni argent, ni avenir; il n'avait pas même l'air intéressant, et je crois qu'il avait un emploi dans le commissariat ou les transports. Mais malgré tout cela, elle l'aimait terriblement, et il y avait entre lui et elle comme des fiançailles, lorsque Schreiderling apparut et informa mistress Gaurey qu'il se proposait d'épouser sa fille.

Alors l'autre promesse de mariage fut annulée, effacée par les larmes de mistress Gaurey.

En effet, cette dame gouvernait sa maison en larmoyant sur la désobéissance à son autorité, et sur le peu de respect qu'on lui témoignait dans sa vieillesse.