La jeune fille ne faisait pas comme sa mère; elle ne pleura jamais: non, pas même au mariage.

L'Autre supporta sa perte avec calme, et se fit envoyer dans le poste le plus mauvais qu'il pût trouver. Peut-être que le climat le consolait.

Il souffrait de la fièvre intermittente, et cela put lui servir à se distraire de ses autres peines.

Il avait également le cœur faible. Une des valvules était atteinte, et la fièvre empirait les choses. Cela se vit bien par la suite.

Puis, plusieurs mois se passèrent, et mistress Schreiderling se mit à être malade. Elle ne se consumait point de langueur, comme on le voit dans les livres; mais on eût dit qu'elle collectionnait toutes les formes de maladie qui sévissaient à la station, depuis la simple fièvre, et au-dessus.

Même en ses meilleurs moments, elle n'était jamais qu'ordinairement jolie; ces maladies la rendaient laide.

Ainsi s'exprimait Schreiderling.

Il mettait son amour-propre à dire tout ce qu'il pensait.

Quand elle eut perdu sa joliesse, il la laissa s'arranger à son gré, et retourna dans les bouges où s'était passé son célibat.

On la voyait trottiner, allant et venant sur la Simla-Mall, d'un air d'abandon, avec un grand chapeau du Terai qui lui retombait derrière la tête, et sur une selle en si mauvais état qu'elle faisait peine à voir.