A la saison froide naturellement, il vous était permis de descendre, car alors Simla est fort monotone.
Tarrion venait Dieu sait d'où, de quelque part bien loin, dans une région abandonnée de l'Inde centrale, où l'on qualifie Pachmari de «santarumi,» et où l'on se promène en voiture attelée de bœufs trotteurs.
Il appartenait à un régiment, mais son but était avant tout de s'échapper de son régiment, et de vivre toujours, toujours à Simla.
Il n'avait aucune préférence marquée, si ce n'est pour un bon cheval et une jolie femme.
Il se croyait capable de bien faire tout ce qu'il faisait. C'est une bien belle croyance quand on met toute son âme à la garder.
Il s'entendait à bien des choses. Il avait une tournure agréable, et savait rendre heureux tout son entourage, même dans l'Inde centrale.
Il vint donc à Simla, et comme il était adroit et amusant, il se mit naturellement à graviter dans la direction de mistress Hauksbee, qui pardonnait tout, sauf la stupidité.
Un jour, il lui rendit un grand service en changeant la date sur une carte d'invitation à un grand bal, auquel mistress Hauksbee désirait paraître. Mais elle ne le pouvait pas, s'étant querellée avec l'aide de camp. Celui-ci qui avait une âme mesquine avait eu la précaution de l'inviter à un petit bal qui avait lieu le 6 et non au grand bal qui était fixé au 26.
Ce fut un faux des plus adroits, et quand mistress Hauksbee tendit à l'aide de camp sa carte d'invitation, et le taquina doucement sur la générosité qu'il mettait à omettre de se venger, il crut positivement qu'il s'était trompé.
Il comprit, et en cela il fit bien—qu'il ne fallait point engager de lutte avec mistress Hauksbee.