—Comme c’est beau! roucoula mistress Hauksbee. La Waddy est elle-même une maladie contagieuse «et qui s’attrape plus vite que la peste, et qui fait courir comme une folle celle qui la prend.» Il y a trois ans, j’habitais porte à porte avec elle à l’Élysée. Mais voyez-vous, vous ne nous causerez aucun dérangement, j’ai tapissé toute la maison de draps trempés dans l’acide phénique. C’est une odeur qui vous réconforte, n’est-ce pas? Rappelez-vous que je suis toujours à portée de votre voix, et que mon ayah est à vos ordres quand la vôtre va prendre ses repas, etc., etc. Si vous vous mettez à pleurer, je ne vous pardonnerai jamais.
Dora Bent occupait jour et nuit l’attention impuissante de sa mère.
Le docteur venait trois fois par jour et la maison était empestée partout de l’odeur du liquide de Condy, de l’eau de chlore, et des lavages à l’acide phénique.
Mistress Mallowe restait dans ses appartements. Elle croyait avoir fait assez de sacrifices à la cause de l’humanité, et mistress Hauksbee était plus appréciée comme garde dans la chambre de la malade que la mère qui avait presque perdu la tête.
—Je ne connais rien aux soins à donner aux malades, disait mistress Hauksbee au docteur, mais indiquez-moi ce qu’il faut faire, et je le ferai.
—Empêchez cette femme affolée d’embrasser la petite, et qu’elle se mêle le moins possible des soins, dit le docteur. Je l’expulserais de la chambre de la malade, mais franchement je crois qu’elle mourrait d’inquiétude. Elle est pire qu’inutile et c’est sur vous et sur les ayahs que je compte, souvenez-vous-en.
Mistress Hauksbee accepta cette responsabilité, bien qu’elle eût pour premier effet de dessiner des ronds bistrés sous ses yeux et de la forcer à mettre ses vieux costumes.
Mistress Bent s’accrochait à elle avec une foi plus qu’enfantine.
—Je sais que vous guérirez Dora, n’est-ce pas, disait-elle au moins vingt fois par jour.
A quoi mistress Hauksbee répondait vaillamment: