Mistress Mallowe obéit en gémissant.

Toutes deux se rendirent au cabinet de lecture, où elles trouvèrent mistress Delville et l’homme auquel on avait donné le sobriquet de Maître de danse.

A ce moment, mistress Mallowe, tout à fait réveillée, retrouva son éloquence.

—La voici, cette créature, dit mistress Hauksbee du ton dont on montre une limace sur la route.

—Non, dit mistress Mallowe, la créature c’est l’homme. Heu! Bonsoir, monsieur Bent, je croyais que vous veniez prendre le thé, cet après-midi.

—Mais n’était-ce pas pour demain? répondit le Maître de danse... J’avais compris... je me figurais... je suis désolé... Comme c’est malheureux!

Mais mistress Mallowe était déjà partie.

—Pour un homme qui s’entend si bien à donner le change, comme vous me l’avez décrit, dit à demi-voix mistress Hauksbee, il me fait l’effet d’un maladroit. Mais voyons, pourquoi aurait-il préféré une promenade avec le paquet à prendre le thé avec nous? Affinités électives, je suppose. Ils sont tous deux fagotés. Polly, jamais je ne pardonnerai à cette femme tant que la terre tournera.

—Je pardonne n’importe quoi à n’importe quelle femme, dit mistress Mallowe. Ce sera un châtiment suffisant pour elle. Quel timbre de vulgarité elle a dans la voix!

La voix de mistress Delville n’était point jolie. Son port était moins gracieux encore, et sa toilette était négligée atrocement. Toutes ces choses-là mistress Mallowe les constata en regardant par-dessus les feuillets de sa Revue.