—C’est la Waddy que je discute, riposta d’un ton supérieur mistress Hauksbee. La Waddy va entraîner à l’écart la Bent femelle, après avoir emprunté—oui—tout ce qu’elle pourra, depuis des épingles à cheveux jusqu’à des biberons d’enfant. C’est ainsi, ma chère, qu’on vit à l’hôtel. La Waddy contera à la Bent femelle des faits vrais et faux au sujet du Maître de danse et au Paquet.
—Lucy, je vous aimerais mieux si vous n’étiez pas toujours à jeter un coup d’œil dans les chambres des gens.
—Le premier venu peut regarder dans leur salon de réception, et remarquez-le bien, quoi que je fasse, jamais je ne parlerai comme le fera la Waddy. Espérons que le sourire gras du Maître de danse et ses manières de pédagogue adouciront le cœur de la vache qu’est sa femme. Si jamais une bouche dit la vérité, je croirais que la petite mistress Bent est capable, à l’occasion, de se mettre fort en colère.
—Mais quelle raison a-t-elle de se mettre en colère?
—Quelle raison? Le Maître de danse est à lui seul une raison. Comment cela se dit-il: «Si, dans sa vie, se présentent de légères erreurs, regardez-le en face, et alors vous les croirez toutes.» Je suis prête à croire n’importe quoi de défavorable sur le compte du Maître de danse, parce que je le déteste à un point! Et le Paquet s’habille d’une façon si révoltante, si dépourvue de goût...
—Que sans doute elle est, elle aussi, capable de toutes les iniquités? Je préfère toujours avoir sur les gens les opinions les plus favorables. Cela vous évite tant de désagréments.
—Très bien. Quant à moi, j’aime mieux croire le pis. Cela vous économise tant de sympathie mal placée. Et vous pouvez être certaine que la Waddy est de la même opinion que moi.
Mistress Mallowe soupira et ne répondit pas.
Cette conversation se tenait après le dîner, pendant que mistress Hauksbee s’habillait pour aller au bal.
—Je suis trop fatiguée pour y aller, supplia mistress Mallowe.