Simon van Maast mit pied à terre; son coeur battait avec tant de violence qu'il put à peine prononcer ces mots:
—N'est-ce point dans cette maison que demeure mynheer Borrekens?
—Précisément, répondit le vieillard, en déchaperonnant sa tête chauve: que désirez-vous de mynheer Borrekens? C'est lui qui a l'honneur de vous recevoir.
—J'arrive de Leyde où le chevalier Rubens est venu demander mes soins pour vos enfants.
—Dieu veuille que vous n'arriviez pas trop tard! répondit Borrekens en secouant tristement la tête. Vous allez voir un spectacle bien douloureux.
En achevant ces mots, il introduisit le médecin dans le parloir où, quinze années auparavant, Simon van Maast avait vu Thrée pour la dernière fois.
Elle était encore là, mais pâle, mais brisée par la douleur. Agenouillée devant le lit où reposaient ensemble ses deux filles, elle priait avec tant de ferveur et de désespoir qu'elle n'entendit point entrer son père et l'étranger.
—Voici le médecin de Leyde! dit Borrekens.
A ces mots, elle tressaillit, se leva précipitamment et courant à Simon:
—Vous êtes mon dernier espoir! dit-elle. Vous tenez entre vos mains ma vie! plus que ma vie; la vie de mes enfants! Par Notre-Dame-d'Anvers sauvez-les! et tout ce que je possède est à vous.