—Dieu seul est le véritable médecin, répondit dame Simon van Maast à la fois triste et satisfait que Thrée ne l'eût point reconnu. Je ne suis qu'un humble instrument de la volonté divine; prions-la donc, pour qu'elle nous vienne en aide.

Il se mit à genoux et prononça à voix basse une courte prière.

Mynheer Borrekens et dame Thrée s'associèrent à cette prière, avec quelle émotion, on le comprend!

Le médecin se releva ensuite, s'approcha du lit des deux jeunes filles, écarta le rideau qui les voilait et les considéra pendant quelques minutes avec attendrissement.

Elles paraissaient plongées dans un profond assoupissement. Quoique la mort étendît déjà sur leur front l'ombre de sa fatale main, elles étaient encore d'une indicible beauté.

Simon interrogea légèrement le pouls d'une des soeurs, se pencha sur ses lèvres pour étudier la nature de son souffle, et appuya son oreille sur sa poitrine pour compter les pulsations de son coeur.

Ensuite il emmena dans une pièce voisine la pauvre mère, qui suivait avec angoisse les moindres mouvements de celui qui tenait entre ses mains la vie de ses enfants.

Il l'interrogea longuement sur la nature des souffrances qu'éprouvaient les jumelles, et lui demanda comment les premiers symptômes s'étaient manifestés.

Quand elle eut satisfait à son désir:

—La maladie de vos enfants cédera, je l'espère, au remède que j'ai rapporté du Nouveau-Monde, dit-il. Cependant, il est nécessaire que je ne quitte point cette maison avant que la convalescence ne soit arrivée. Pourriez-vous me donner un logement chez vous?