Au mois d'avril 1895, alors qu'elle était très bien portante, elle fit cette confidence à une religieuse ancienne et digne de foi:

«Je mourrai bientôt; je ne vous dis pas que ce soit dans quelques mois; mais, dans 2 ou 3 ans au plus: je le sens par ce qui se passe dans mon âme

Les novices lui témoignaient leur surprise de la voir deviner leurs plus intimes pensées:

«Voici mon secret, leur dit-elle: je ne vous fais jamais d'observations sans invoquer la Sainte Vierge, je lui demande de m'inspirer ce qui doit vous faire le plus de bien; et moi-même je suis souvent étonnée des choses que je vous enseigne. Je sens simplement, en vous les disant, que je ne me trompe pas et que Jésus vous parle par ma bouche.»

Pendant sa maladie, une de ses sœurs venait d'avoir un moment de pénible angoisse, presque de découragement, à la pensée d'une inévitable et prochaine séparation. Entrant aussitôt après à l'infirmerie, sans rien laisser paraître de sa peine, elle fut bien surprise d'entendre notre sainte malade lui dire d'un ton sérieux et triste: «Il ne faudrait pas pleurer comme ceux qui n'ont pas d'espérance!»

Une de nos Mères, étant venue la visiter, lui rendait un léger service. «Que je serais heureuse, pensait-elle, si cet ange me disait: Au Ciel, je vous rendrai cela!»—Au même instant, sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus se tournant vers elle, lui dit: «Ma Mère, au Ciel je vous rendrai cela

Mais le plus surprenant, c'est qu'elle paraissait avoir conscience de la mission pour laquelle le Seigneur l'avait envoyée ici-bas. Le voile de l'avenir semblait tombé devant elle; et, plus d'une fois, elle nous en révéla les secrets en des prophéties déjà réalisées:

«Je n'ai jamais donné au bon Dieu que de l'amour, disait-elle, il me rendra de l'amour.—Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses.»

Une Sœur lui parlait de la béatitude du ciel. Elle l'interrompit, disant: «Ce n'est pas cela qui m'attire...

—Quoi donc?