Et, le soir, elle lui remit ces lignes, tracées au crayon, d'une main tremblante:

«O mon Dieu, que vous êtes bon pour la petite victime de votre amour miséricordieux! Maintenant même que vous joignez la souffrance extérieure aux épreuves de mon âme, je ne puis dire: «Les angoisses de la mort m'ont environnée.»[151] Mais je m'écrie, dans ma reconnaissance: «Je suis descendue dans la vallée des ombres de la mort, cependant, je ne crains aucun mal, parce que vous êtes avec moi, Seigneur.»[152]

«Quelques-unes croient que vous avez peur de la mort, lui dit sa petite Mère.

—Cela pourra bien arriver, je ne m'appuie jamais sur mes propres pensées, je sais combien je suis faible; mais je veux jouir du sentiment que le bon Dieu me donne maintenant; il sera toujours temps de souffrir du contraire.

«Monsieur l'Aumônier m'a dit: «Etes-vous résignée à mourir?» Je lui ai répondu: «Ah! mon Père, je trouve qu'il n'y a besoin de résignation que pour vivre..... pour mourir, c'est de la joie que j'éprouve.»

«Ne vous faites pas de peine, ma Mère, si je souffre beaucoup, et si je ne manifeste aucun signe de bonheur au dernier moment. Nôtre-Seigneur n'est-il pas mort Victime d'amour, et voyez quelle a été son agonie!...»

Enfin, l'aurore du jour éternel se leva! C'était le jeudi, 30 septembre. Le matin, notre douce victime, parlant de sa dernière nuit d'exil, regarda la statue de Marie en disant:

«Oh! je l'ai priée avec une ferveur!... mais c'est l'agonie toute pure, sans aucun mélange de consolation...

«L'air de la terre me manque, quand est-ce que j'aurai l'air du Ciel?»

A deux heures et demie, elle se redressa sur son lit, ce qu'elle n'avait pu faire depuis plusieurs semaines, et s'écria: