De plus, cette Histoire d'une ame, en offrant un modèle accompli de la paternité chrétienne, fera autant de bien à la société qu'au cloître. C'est la famille surtout qui a besoin d'être sanctifiée, et elle le sera: Joachim et Anne ont donné avec joie leur Marie au Seigneur.
Le Carmel, lui, a ses anges; et combien de jeunes âmes accourront sur la montagne sainte, aux rayonnements de ce nouvel astre qui monte au firmament!
J'en ai l'intime conviction, cette petite étoile deviendra de plus en plus radieuse dans l'Eglise de Dieu... Ce n'est encore que l'étoile du matin au milieu d'une petite nuée: STELLA MATUTINA IN MEDIO NEBULÆ. Mais un jour, elle remplira la Maison du Seigneur: implebit domum Domini. Si Dieu l'a envoyée en nos jours de ténèbres, en nos jours de nuages et de tourbillons, croyons bien que c'est pour nous apporter la lumière, la paix, l'espérance, le ciel!
Non, au ciel, aucune des aspirations de cette vierge apostolique n'est oubliée; et le divin Epoux, en faisant de sa petite reine une grande Reine, a déjà remis en sa main le sceptre de sa toute-puissance.
C'est maintenant que, dans les bras de son Amour, elle lui répète avec un charme qui le ravit: «Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre.»—Quelles grâces pourrait-il lui refuser?
Aussi l'ai-je invoquée avec je ne sais quel irrésistible attrait. Mes forces, je veux les ranimer aux énergies de sa vertu, et réchauffer mon cœur aux flammes de ce Séraphin. Je l'ai priée, cette privilégiée de Marie, de venir à mon aide quand j'adresse à la Vierge Immaculée la prière qui fut la sienne:
«Toi qui vins me sourire au matin de ma vie,
Viens me sourire encor, Mère, voici le soir...»
Je m'arrête... mais, que ne faudrait-il pas dire de ses poésies, si gracieuses, si fraîches, si limpides; j'ajoute, si célestes! on croirait une lyre touchée par la main d'un ange.
Il a été dit en cette fin de siècle: «La poésie est morte.» Non, elle n'est pas morte, elle est immortelle; fille du ciel, avec sa sœur la prière, elle s'élèvera toujours du cloître vers Dieu en aspirations brûlantes, en harmonieux élans!...
Et vous, ma Révérende et chère Mère, priez pour moi cette triomphante fille de Thérèse, priez-la de m'obtenir du divin Epoux le bonheur et la grâce d'aller célébrer avec elle la gloire de la Trinité Sainte.