(Edition portugaise de l'«Histoire d'une Ame».)
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Séraphin, elle l'était de visage et d'âme, et l'on peut dire d'elle ce que saint Bonaventure dit de saint François: qu'elle était tout entière un charbon embrasé. «L'amour divin est feu et flamme», nous dit le Cantique des cantiques, et Jésus, l'amour substantiel, déclare qu'il est «venu jeter ce feu sur la terre et qu'il veut qu'il s'allume». Le cœur de sœur Thérèse en est un brandon très ardent, une pure flamme du Paradis dont jamais l'ardeur ne s'est ralentie, et qui a embrasé et embrasera bien d'autres cœurs. Et cela avec quelle force et en même temps quelle douceur! On peut dire d'elle en vérité, avec un petit changement du texte sacré: «Elle nous entraîne et nous courons à l'odeur de ses parfums.»
Heureuse victime qui, non seulement a été consumée par le feu et les flammes de l'amour divin, mais a encore reçu le don si beau de les communiquer puissamment aux âmes! Les vies de Saints nous racontent les feux de l'amour divin: la vie de sœur Thérèse nous les fait voir et sentir; les autres nous donnent envie d'aimer Dieu, mais celle-là met le feu dans l'âme.
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En lisant cette vie, ne croirait-on pas lire les paroles de feu et de science divine d'un des docteurs les plus élevés, les plus profonds et les plus suaves de l'Eglise?
Et il n'y a pas que les personnes consacrées à Dieu qu'elle ranime et entraîne; les personnes du monde elles-mêmes ne peuvent se dérober à son influence apostolique. Oh! que Jésus soit mille et mille fois béni de nous l'avoir donnée!
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Si j'en juge par le spectacle des étonnantes transformations opérées par cette petite sainte, il me semble qu'elle sera à son siècle ce que les Gertrude, les Thérèse, les Marguerite-Marie ont été au leur, avec cette différence que, plus encore que ces hérauts de Dieu, Thérèse de l'Enfant-Jésus a montré la voie qui conduit à l'amour, voie petite et sublime à la fois qui, loin d'effrayer, encourage et attire.
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