Lettre IIIe.

14 août 1889.

Vous voulez un mot de votre petit agnelet. Que voulez-vous qu'il vous dise? N'a-t-il pas été instruit par vous? Rappelez-vous le temps où, me tenant sur vos genoux, vous me parliez du Ciel...

Je vous entends encore me dire: «Regarde ceux qui veulent s'enrichir, vois quel mal ils se donnent pour gagner de l'argent; et nous, ma petite Thérèse, nous pouvons à chaque instant, et sans prendre tant de peine, acquérir des trésors pour le Ciel; nous pouvons ramasser des diamants comme avec un râteau! Pour cela, il suffit de faire toutes nos actions par amour pour le bon Dieu.» Et je m'en allais le cœur rempli de joie et du désir d'amasser aussi de grands trésors. Le temps a fui, depuis ces heureux moments écoulés dans notre doux nid. Jésus est venu nous visiter, il nous a trouvées dignes de passer par le creuset de la souffrance.

Le bon Dieu nous dit qu'au dernier jour «il essuiera toutes les larmes de nos yeux[246]»; et, sans doute, plus il y aura de larmes à essuyer, plus la consolation sera grande...

Priez bien, demain, pour la petite fille que vous avez élevée et qui, sans vous, ne serait peut-être pas au Carmel.

Lettre IVe.

Pendant sa Retraite de Profession.

4 septembre 1890.

Votre petite fille n'entend guère les harmonies célestes: son voyage de noces est bien aride! Son Fiancé, il est vrai, lui fait parcourir des pays fertiles et magnifiques; mais la nuit l'empêche de rien admirer et surtout de jouir de toutes ces merveilles.