Un palais.
Les grands, les nobles de la terre
Ont tous des palais somptueux;
Des masures sont, au contraire,
Les asiles des malheureux.
Ainsi, voyez dans une étable
Le petit Pauvre de Noël:
Il voile sa gloire ineffable
En quittant son palais du ciel.
La pauvreté, votre cœur l'aime,
En elle vous trouvez la paix;
Aussi, c'est votre cœur lui-même
Que Jésus veut pour son palais!
Une couronne de lis.
Les pécheurs couronnent d'épines
La tête aimable de Jésus.
Admirez les grâces divines
Que la terre ne connaît plus...
Oh! que votre âme virginale
Lui fasse oublier ses douleurs;
Et, pour sa couronne royale,
Offrez-lui les vierges, vos sœurs.
Approchez tout près de son trône...
Pour charmer ses yeux ravissants,
Devant lui, tressez sa couronne:
Formez-la de beaux lis brillants!
Les strophes suivantes se chantent sur l'air du Passant. (Massenet.)
Des bonbons.
Ma sœur, les petits poupons
Aiment beaucoup les bonbons;
Remplissez-en donc bien vite,
De Jésus la blanche main.
A ce don, l'Enfant divin
Par son regard vous invite.
Les pralines du Carmel
Qui charment le Roi du ciel,
Ce sont tous vos sacrifices.
Ma sœur, votre austérité,
Votre grande pauvreté,
De Jésus font les délices!
Une caresse.
A vous le petit Jésus
Ne demande rien de plus
Qu'une très douce caresse.
Donnez-lui tout votre amour;
Et vous saurez en retour
La charité qui le presse.
Si quelqu'une de vos sœurs
Venait à verser des pleurs,
Aussitôt, avec tendresse,
Suppliez l'Enfant divin,
Que, de sa petite main,
Doucement il la caresse.
Un berceau.
Sur terre il est peu de cœurs
Qui n'aspirent aux faveurs
De Jésus, le Roi de gloire;
Mais, s'il vient à s'endormir,
Ils cessent de le servir,
En lui ne voulant plus croire.
Si vous saviez le plaisir
Que l'Enfant trouve à dormir
Sans craindre qu'on le réveille,
Vous serviriez de berceau
A Jésus, le doux Agneau,
Souriant lorsqu'il sommeille!
Des langes.
Voyez que l'aimable Enfant,
De son petit doigt charmant,
Vous montre la paille sèche.
Ah! comprenez son amour,
Et garnissez en ce jour,
De langes, la pauvre crèche.
Excusant toujours vos sœurs,
Vous gagnerez les faveurs
De Jésus, le Roi des Anges;
C'est l'ardente charité,
L'aimable simplicité
Qu'il réclame pour ses langes.
Du feu.
Ma sœur, le petit Jésus,
Le doux foyer des élus,
Tremble de froid dans l'étable...
Cependant, au beau ciel bleu,
Des Anges, flammes de feu,
Servent le Verbe adorable!
Mais, sur la terre, c'est vous
Le foyer de votre Epoux...
Il vous demande vos flammes.
C'est vous qui devez, ma sœur,
Pour réchauffer le Sauveur,
Embraser toutes les âmes!
Un gâteau.
Vous savez que tout enfant
Préfère un gâteau brillant
A la gloire d'un empire.
Offrez donc au Roi des cieux
Un gâteau délicieux,
Et vous le verrez sourire.
Savez-vous, du Roi des rois,
Quel est le gâteau de choix?
C'est la prompte obéissance!
Votre Epoux vous ravissez,
Lorsque vous obéissez
Comme lui, dans son enfance.
Du miel.
Aux premiers feux du matin,
Formant son riche butin,
On voit la petite abeille
Voltiger de fleur en fleur,
Visitant avec bonheur
Les corolles qu'elle éveille.
Ainsi, butinez l'amour:
Et revenez chaque jour,
Près de la crèche sacrée,
Offrir au divin Sauveur
Le miel de votre ferveur,
Petite abeille dorée!