Mme D. ne dit rien à personne du miracle dont elle venait d'être favorisée; elle attendait la visite du docteur pour qu'il s'en rendît compte lui-même. Pendant une heure, il l'examina, la palpa et avoua que tous les organes fonctionnaient bien; que l'enflure et la tumeur avaient disparu, ne laissant qu'une petite grosseur sur le côté, telle qu'une petite bille, comme pour prouver que la tumeur avait existé. Il ne restait plus trace de ces racines qu'on avait constatées auparavant jusque sur le dos de la malade.

Quand, à la fin de cet examen, une des filles de Mme D. rentra dans la chambre, elle trouva le docteur—un protestant—la tête dans ses mains, stupéfait: «Après tout, lui dit-il, je crois en Dieu; je sais qu'il peut faire des miracles: certes, en voici un!»

X.

Suit le certificat du médecin.

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57.

X. (Maine-et-Loire), 15 octobre 1909.

Depuis de longues années, ma domestique souffrait de malaises d'estomac allant toujours s'aggravant. Finalement, le docteur dit: «Il n'y a plus qu'une chance de prolongement de vie: l'opération.»

La malade, ne pouvant plus se nourrir, s'y résigna. Il y avait rétrécissement et affection grave au pylore. C'était l'affaire de quelques jours, de quelques semaines au plus.

L'opération eut lieu un vendredi. Le dimanche j'allai voir la malade que je trouvai dans un état épouvantable. Des vomissements de sang à pleine cuvette l'avaient réduite à ce qu'il y a de pire: physionomie sans vie, yeux ternes. Comme voix, un souffle à peine perceptible, inconscience presque complète. Comme nourriture, une seule chose possible: de la glace trempée dans du lait. On croyait si bien à sa mort, que les démarches étaient faites auprès des municipalités pour obtenir les pièces nécessaires à l'inhumation.