Aidez-nous, ma Révérende Mère, à remercier Sr Thérèse dont la charitable et suave mission se fait sentir au milieu des épines de notre chemin.
D., pr., Directeur de l'Œuvre de...
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77.
Carmel de Gallipoli, Italie, 25 février 1910.
Ma Révérende Mère,
Le Cœur de Jésus a voulu se servir de moi, la plus indigne de cette communauté, pour faire éclater son infinie miséricorde.
Je vous envoie la relation du miracle accompli en notre faveur. Mais il y a à Rome un grand document signé non seulement de toutes nos Sœurs, mais encore de l'Illme Mgr l'Evêque et d'une commission de Révérends.
Dans la nuit du 16 janvier, je me trouvai très souffrante et préoccupée de graves difficultés[273]. Trois heures venaient de sonner, et, presque épuisée, je me soulevai un peu sur mon lit comme pour mieux respirer, puis je m'endormis et, en rêve, il me semble, je me sentis touchée par une main qui, faisant revenir la couverture sur mon visage, me couvrait avec tendresse. Je crus qu'une de mes Sœurs était venue me faire cette charité, et, sans ouvrir les yeux, je lui dis: «Laissez-moi, car je suis tout en sueur, et le mouvement que vous faites me donne trop d'air.» Alors une douce voix inconnue me dit: «Non, c'est une bonne chose que je fais.» Et continuant de me couvrir: «Ecoutez... le bon Dieu se sert des habitants célestes comme des terrestres pour secourir ses serviteurs. Voilà 500 francs, avec lesquels vous paierez la dette de votre Communauté.»
Je répondis que la dette de la Communauté n'était que de 300 francs. Elle reprit: «Eh bien, le reste sera en plus. Mais comme vous ne pouvez garder cet argent dans votre cellule, venez avec moi.» Comment me lever, étant tout en sueur? pensai-je. Alors la céleste vision, pénétrant dans ma pensée, ajouta souriante: «La bilocation nous viendra en aide.»
Et déjà je me trouvai hors de ma cellule, en compagnie d'une jeune Sœur carmélite dont les habits et le voile laissaient transparaître une clarté de Paradis qui servit pour nous éclairer dans notre chemin.