C'est donc à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus que je dois la vie de l'âme et celle du corps.
Charlotte X.
(Lettre de la Supérieure.)
Préservation, N., 3 janvier 1911.
Je vous ai déjà écrit, ma Révérende Mère, que nous avions remarqué une frappante coïncidence entre la rechute de Charlotte et une infidélité à sa promesse: elle avait voulu en effet nous quitter. Le miracle que fit Sr Thérèse en lui redonnant pour si peu de temps la santé était destiné, je crois, à l'amener à faire une confession générale. La pauvre enfant a racheté son moment de faiblesse, car sa famille étant venue la voir et voulant l'emmener pour mourir à Q., elle se montra vraiment généreuse et refusa.
Jusqu'au dernier moment elle n'a cessé d'invoquer la petite sainte. Une fois, elle assura l'avoir vue à ses côtés. Voici ce que m'en a raconté son infirmière:
«C'était pendant la nuit; Charlotte m'appela pour lui ramasser un objet qu'elle avait fait tomber. Je me levai. Charlotte avait les yeux fixés sur quelque chose. J'en fus frappée et lui dis: «Vous voyez donc le ciel?» Elle me répondit: «Je vois la petite Sr Thérèse.» Alors j'eus peur et, pour cacher mon trouble, je feignis de me moquer d'elle: «Allons donc, nous voilà bien si vous avez des visions!» Mais Charlotte, les yeux toujours fixes, redit: «J'ai vu la petite Sr Thérèse!» Et comme je cherchais la relique qui avait disparu du chevet de son lit: «Elle est là, me dit-elle en la serrant fortement dans sa main.»
Pour moi, je me souviens de la consolation qu'elle me confia avoir éprouvée de cette visite de votre ange: «Je l'ai vue comme je vous vois», m'a-t-elle dit.
Pendant son agonie, elle avait toute sa connaissance et n'a cessé de prier durant les trois dernières heures. Ses compagnes pleuraient et disaient: «Quelle belle mort!»
C'était le 26 septembre.