Désolés de voir tant souffrir leur fillette sans qu'aucun remède puisse enrayer le mal, les parents font appel à un autre médecin, qui la soigne pour de la coxalgie. Après un mois de nouveaux traitements, la maladie, loin de céder, s'accentue toujours. Ce ne sont plus les jambes seules qui, en lui refusant service, la font souffrir; les reins sont aussi attaqués, les os se disjoignent, une bosse se forme. Le médecin veut mettre sa malade dans une gouttière, mais il fait d'abord consulter un spécialiste qui croit que l'enfant est atteinte de paralysie de la moelle épinière. «Essayons l'électricité, dit le praticien, peut-être obtiendrons-nous un peu d'amélioration, peut-être marchera-t-elle dans un an.»

Notre petite élève s'attristait beaucoup, car l'époque de la première Communion approchait et elle comprenait qu'elle serait hors d'état de la faire avec ses compagnes.

Voyant que la science humaine était impuissante, nous eûmes la pensée de lui faire connaître Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus dont nous lisions la Vie, et nous l'engageâmes à lui demander sa guérison.

Cette pensée mit la joie dans son âme, elle s'écria: «La petite Fleur de Jésus me guérira! je marcherai pour ma première Communion!» Depuis ce jour, elle l'invoquait sans cesse. Ses parents s'unissaient à elle matin et soir, nos enfants priaient aussi avec confiance; mais la «petite Fleur» semblait sourde à nos supplications. Trois semaines avant la première Communion, l'enfant allait plus mal. Tout espoir de guérison était perdu. Suivant l'avis du dernier docteur, elle avait été électrisée deux fois sans succès; n'avait-il pas dit: «Peut-être marchera-t-elle dans un an!»

Or, dans la nuit du mercredi au jeudi de Pâques (il y avait toujours de la lumière dans la chambre, l'enfant étant devenue très peureuse et dormant très peu), en ouvrant les yeux elle vit, selon son expression, «une jolie petite figure» qui lui souriait. Elle fut légèrement effrayée et fit un signe de croix. L'apparition sourit davantage, sembla se rapprocher d'elle et lui dit: «Tu marcheras dans peu de temps..... aujourd'hui même!» Puis elle resta quelques instants, toujours souriante, à contempler sa petite protégée, tout à fait rassurée, et disparut.....

Le matin, l'heureuse voyante dit à ses parents: «Je vais marcher aujourd'hui; j'ai vu cette nuit ma «petite Fleur» qui me l'a dit.» Elle n'avait jamais vu de photographie de Sr Thérèse, mais son cœur lui disait que cette angélique vision ne pouvait être que la petite sainte qu'elle invoquait avec tant de confiance.

Vers 3 heures de l'après-midi, une voix suave et douce, qu'elle reconnaît bien, se fait entendre à son oreille: «Marche!» dit-elle. La malade se lève aussitôt et elle court se jeter dans les bras de sa mère, qui ne peut croire à tant de bonheur...

Il y avait trois mois que l'enfant ne marchait plus.

Quelques jours plus tard, l'heureuse privilégiée vint nous voir et nous lui mîmes dans les mains l'Histoire d'une âme. Lorsqu'elle fut en face de la première gravure, l'enfant s'écria: «C'est bien elle que j'ai vue, je la reconnais!» puis elle ajouta: «Elle était en religieuse, cependant je n'avais pas remarqué le voile, sa figure seule s'est gravée dans mon âme.»

Sa physionomie en porte l'empreinte... La petite sainte lui a inspiré des pensées sérieuses pendant sa maladie; elle nous l'a rendue, je pourrais dire convertie!