Je me rendis donc au Carmel de Zaraüz, et là, j'appris que la communauté avait fait une neuvaine pour obtenir la guérison de ma vue, par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont jusqu'alors j'avais ignoré l'existence.

C'est donc à un prêtre qui ne la connaissait pas, qui ne lui avait—lui personnellement—rien demandé, que votre angélique sœur avait obtenu de son divin Epoux une insigne amélioration de sa vue. Je dis «amélioration», car, pour grand et surprenant que fût ce changement en mieux, je n'avais pas recouvré la vision claire et pleine. Nous convînmes donc, la Rde Mère et moi, de faire une seconde neuvaine, et elle me remit une image-relique de celle que des lors j'appelais «ma céleste oculiste», me recommandant de l'appliquer sur mes yeux chaque soir de la neuvaine. Or, cette neuvaine n'était pas finie que déjà je pouvais lire aisément les «Décrets de la Sacrée Congrégation des Rites» qui se trouvent imprimés en caractères très fins en tête du Bréviaire Romain de Tournai (édition de 1902, de la Société de Saint-Jean l'Evangéliste) et qui, auparavant, ne présentaient à mes yeux qu'une page maculée, indéchiffrable. Bien plus, je reconnais depuis lors les personnes à plus de cent pas.

Nous avions commencé cette neuvaine dans l'octave de la Pentecôte (19 mai). Vers la mi-juin, je suis retourné en Espagne pour mettre ordre aux ruchées du Carmel. Nous décidâmes alors de faire une troisième neuvaine, en action de grâces celle-là, et en même temps pour obtenir une plus parfaite lucidité de vue. Et, cette fois encore, ma céleste oculiste exauça nos prières!

Ayant recouvré la vue, je voulais redevenir apiculteur. J'achète donc une colonie d'abeilles; quelques jours après, je visite ma ruchée et j'y trouve plusieurs cellules royales, dont les unes contenaient des larves déjà écloses et d'autres de simples œufs.

Oh! la vue de ces minimes œufs d'abeille, pareils a de petits bouts de ténu fil à coudre d'un blanc bleuâtre! Depuis des années, il m'avait été impossible de les apercevoir, même avec de puissantes lunettes, et maintenant je les voyais de nouveau a l'œil nu! Aussi avec quelle reconnaissance mes yeux se sont instantanément levés vers le ciel où ma céleste oculiste venait de réaliser en ma faveur sa résolution de faire du bien sur la terre.

Il n'y a donc plus de doute possible: la guérison de ma vue est réelle et persévérante. Et cette guérison, incontestablement merveilleuse puisqu'elle est obtenue sans l'intervention d'aucun secours ni remède humains, je la dois évidemment à l'intercession de celle que nous avions invoquée: Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, morte en 1897, au Carmel de Lisieux.

Gloire à Dieu! et reconnaissance à ma céleste oculiste!

Abbé Ch. Wéber, prêtre habitué.

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