St-D. (Seine), 29 novembre 1910.
L'une de nos jeunes Sœurs novices était atteinte d'entérite muco-membraneuse, occasionnant de continuelles souffrances augmentées par des crises aiguës très fréquentes que le docteur déclarait être des crises appendiculaires. Les médecins, après avoir songé à une intervention chirurgicale, jugèrent plus prudent de ne pas la tenter à cause de la faiblesse du tempérament et prescrivirent un régime alimentaire très sévère qui débilitait la malade sans amener l'amélioration désirée. Elle y était condamnée depuis dix mois et ne pouvait d'ailleurs s'en écarter, ni se livrer à une occupation quelque peu fatigante, sans souffrir extrêmement.
La pauvre enfant se désolait dans la crainte fondée de n'être pas admise à la profession et de se trouver obligée de rentrer dans le monde, malgré son désir ardent de se consacrer à Nôtre-Seigneur. Lors du pèlerinage national à Lourdes, au mois d'août dernier, elle avait demandé et obtenu l'autorisation d'aller solliciter sa guérison sur la terre privilégiée de la sainte Vierge. Mais notre petite malade nous était revenue dans un état de souffrance qu'aggravait la fatigue du voyage.
Alors tout le noviciat implora avec une ferveur persévérante l'intervention de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont la vie offre naturellement à ces petites âmes désireuses d'aimer Nôtre-Seigneur un idéal bien capable de les attirer.
Jusqu'au 15 octobre, rien ne changea dans la situation de la malade. Ce jour-là, à 4 h. de l'après-midi, elle ressentit tout à coup de vives douleurs et crut qu'une crise plus violente que les précédentes s'annonçait. Mais après quelques minutes, dit la jeune Sœur, une sorte de secousse intérieure se produisit, et instantanément toute douleur disparut. Croyant à peine à son bonheur, elle le fit connaître discrètement autour d'elle et, le soir même, elle put prendre un repas plus substantiel sans éprouver aucune souffrance. Convaincue de sa guérison radicale, elle désirait se mettre immédiatement au régime commun; nous ne l'y autorisâmes que peu à peu. Maintenant elle suit, sans aucune exception, la vie de communauté, elle prend sa part de travail et ne ressent aucun retour du mal qui a disparu avec toutes ses conséquences.
Cette guérison instantanée ne nous laisse aucun doute sur la douce et puissante intervention qui nous l'a obtenue.
Après une attente de plus de six semaines, nous regardons comme un devoir sacré de faire connaître cette faveur, selon le très vif désir de l'heureuse novice qui craint déjà de se montrer ingrate envers sa sainte protectrice.
Sr St-V.,
Supérieure générale des religieuses de N.-D. de la Compassion.
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