Relation du docteur.

J'ai soigné la Sr X. au cours d'une maladie très prolongée qui s'était annoncée par tous les symptômes de l'influenza aiguë et qui, s'étendant aux deux poumons, présenta ensuite les symptômes d'une consomption aiguë. Il y avait expectoration abondante, muco-purulente; une fièvre hectique d'un caractère très prononcé; un pouls extrêmement rapide et très faible, des sueurs abondantes la nuit, et un dépérissement tel que la malade fut presque réduite à l'état de squelette.

Les remèdes habituels: inhalations de formol, absorptions de créosote furent employés sans succès et je m'attendais tous les jours à recevoir la nouvelle de sa mort. Alors les religieuses de sa communauté eurent recours à la prière et, à mon grand étonnement, je l'avoue, une amélioration rapide se manifesta, et bientôt eut lieu la guérison complète. Le cas de la malade était cependant désespéré et rien moins qu'un miracle ne pouvait la sauver de la mort.

Docteur X.

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119.

Belgique, décembre 1910.

Quelques jours après avoir subi ma douloureuse opération, le 9 décembre, Dieu me fit la grâce de comprendre et de sentir que je n'étais pas inutile à la Cause de Sr Thérèse et que ma vie de souffrances, offerte dans ce but, l'aiderait à accomplir sa mission. Depuis cette lumière, mon âme est dans un ineffable abandon, dans un état d'acquiescement complet à tout ce que Dieu voudra pour aider l'œuvre de la chère petite sainte.

Celle-ci a voulu me montrer, par une vision symbolique, jusqu'où elle pourrait m'entraîner dans cette voie; elle m'a fait entrevoir le calice de Jésus avec ses amertumes.

Il me semble, ma Mère, que le démon serait intéressé à ce que je ne parle pas de cette faveur, car le jour où je fus engagée à vous en faire la confidence et au moment même où je m'y décidai, je fus torturée pendant un quart d'heure par une puissance infernale qui voulait m'empêcher de parler.