ANGÈLE DE FOLIGNO
Moi, dit Angèle de Foligno, entrant dans la voie de la pénitence, je fis dix-huit pas avant de connaître l’imperfection de la vie.
PREMIER PAS
ANGÈLE PREND CONNAISSANCE DE SES PÉCHÉS
Je regardai pour la première fois mes péchés, j’en acquis la connaissance ; mon âme entra en crainte ; elle trembla à cause de sa damnation, et je pleurai, je pleurai beaucoup.
DEUXIÈME PAS
LA CONFESSION
Puis je rougis pour la première fois, et telle fut ma honte, que je reculais devant l’aveu. Je ne me confessai pas, je n’osais pas avouer, et j’allai à la sainte table, et ce fut avec mes péchés que je reçus le corps de Jésus-Christ. C’est pourquoi ni jour ni nuit ma conscience ne cessait de gronder. Je priai saint François de me faire trouver le confesseur qu’il me fallait, quelqu’un qui pût comprendre et à qui je pusse parler. La même nuit, le vieillard m’apparut. « Ma sœur, dit-il, si tu m’avais appelé plus tôt, je t’aurais exaucée plus tôt. Ce que tu demandes est fait. »
Le matin, je trouvai dans l’église de Saint Félicien un frère qui prêchait.
Après le sermon, je résolus de me confesser à lui. Je me confessai pleinement ; je reçus l’absolution. Je ne sentis pas d’amour ; l’amertume seulement, la honte et la douleur.
TROISIÈME PAS
LA SATISFACTION
Je persévérai dans la pénitence qui me fut imposée ; j’essayai de satisfaire la justice, vide de consolation, pleine de douleur.