J’éprouvai une joie nouvelle, qui n’était surpassée par aucune joie connue, mais elle fut bientôt surpassée par elle-même ; car elle augmenta au moment de l’élévation. Je ne vis pas le corps de Jésus-Christ sur l’autel ; je le vois souvent ; je ne le vis pas ce jour-là. Mais je sentis la présence de Jésus-Christ dans mon âme ; je la sentis en vérité.

J’appris alors que, pour embraser une âme, il n’y a pas d’embrasement semblable à la présence du Christ ; ce n’était pas le feu qui me brûle ordinairement ; celui-là était extraordinairement doux.

Quand cette flamme est dans l’âme, je réponds de la présence de Dieu ; lui seul peut l’allumer.

Dans les moments comme celui-là, mes membres croient qu’ils vont se séparer. J’entends même le bruit qu’ils font ; on dirait un déboîtement. J’éprouve surtout cette impression-là au moment de l’élévation. Mes doigts se séparent et mes mains s’ouvrent.

QUARANTIÈME CHAPITRE
PLÉNITUDE

Un jour je m’approchais de la sainte table, et j’entendis la voix, et elle me disait :

« Bien-aimée, tout bien est en toi, et tu vas recevoir tout bien. »

Je me dis intérieurement : « Si le bien est en toi, pourquoi vas-tu le recevoir ? »

Et la voix répliqua :

« L’un n’empêche pas l’autre. »