Pesez, mes frères, pesez. Comment faut-il aimer, comment faut-il servir ce jaloux qui veut posséder, ce Dieu qui se donne, ce Dieu qui demande ?

J’eus encore sous les yeux la représentation du Dieu crucifié, avec la tension des jointures que j’avais déjà vue. Il était porté à travers l’air, et volait là où marchait la procession ; et cette image nous suivait, sans qu’aucune main humaine fût là pour la soutenir. Je revis mes fils réunis, et l’application de leurs lèvres faite à la plaie du côté ; et Jésus leur disait :

« Je suis Celui qui enlève les péchés du monde. J’ai porté les vôtres, et éternellement ils ne vous seront pas imputés. Ce sang que vous voyez est le bain de la purification vraie. Ce sang est le prix de votre rédemption. Ce cœur est le lieu de votre résidence. Ne craignez pas, mes enfants, de découvrir par vos paroles et vos actions cette vérité de ma voie et de ma vie, que les méchants combattent ; car je suis toujours avec vous pour vous aider et vous secourir. »

Ce jour-là, et plusieurs autres jours, je vis la purification de mes fils et les trois degrés qu’elle comporte.

La première purification est une grande grâce de force qui rend facile l’absence du mal.

La seconde est une grande grâce de joie dans l’accomplissement du bien.

La troisième est la plénitude de la perfection, et la transformation de l’âme en Dieu.

Dans toutes ces grâces de rénovation, l’âme reçoit une beauté admirable. La splendeur du second degré est immense et joyeuse. Quant au troisième, il est dans le domaine de ces excès qui me réduisent au silence. Je ne peux pas en dire autre chose.

Les élus du troisième degré m’apparaissaient transformés en Dieu, de sorte qu’en eux je ne vois plus que Jésus, tantôt souffrant, tantôt glorifié ; il me semble qu’il les a transsubstantiés et engloutis dans son abîme.

QUARANTE-HUITIÈME CHAPITRE
LA LUMIÈRE