« O mon épouse et mon amour ! O celle que j’ai aimée en vérité, je ne veux pas que tu viennes à moi chargée de douleurs, mais parée de la joie inénarrable. Que la reine revête le manteau royal, puisque voici le jour de ses noces ! »
« Et on me montra un manteau, semblable au cadeau de noces, gage d’un long et grand amour ; il n’était ni de pourpre ni d’écarlate, mais de lumière et capable de vêtir une âme.
« Et alors Dieu me montra son Verbe, de sorte que maintenant je sais ce que c’est que le Verbe, je sais ce que c’est que de proférer le Verbe, le Verbe qui voulut être incarné pour moi. Et le Verbe passa par moi, me toucha, m’embrassa et me dit : « Venez, ma bien-aimée, que je n’ai pas aimée d’un amour trompeur. Venez : car dans la joie tous les saints vous attendent. »
« Et il ajouta : « Je ne vous confierai ni aux anges, ni aux saints ; je viendrai en personne, et je vous enlèverai moi-même. Vous êtes telle qu’il faut pour paraître devant la Majesté. »
La veille de sa mort, elle disait à chaque instant : « Père, je remets mon âme et mon esprit dans vos mains. »
Une fois elle ajouta :
« Je viens d’entendre cette réponse : « Ce qui fut imprimé pendant ta vie sur ton cœur, il est impossible que tu ne possèdes pas cela dans ta mort. »
— Et nous ! Vous voulez donc, mère, partir et nous quitter ? »
Mais elle :
« Je vous l’ai caché ; mais je ne vous le cache plus, mes enfants, je vais mourir. »