Le même jour toute douleur cessa. Les souffrances, depuis quelques jours, étaient nombreuses et horribles.

Mais le corps entra dans un repos profond, et l’âme dans un océan de délices, et Angèle semblait goûter d’avance la joie promise.

Quelqu’un lui demanda s’il en était ainsi :

« Oui », répondit-elle.

Dans cette paix du corps, dans cette joie de l’esprit, Angèle demeura le samedi soir, entourée des frères, qui lui montraient l’office du jour.

Ce jour-là même, octave de la fête des saints innocents, à la dernière heure de la soirée, comme quelqu’un qui s’endort d’un sommeil léger, Angèle, notre mère, s’endormit dans la paix.

Dégagée des liens de la chair, son âme très pure, absorbée dans l’abîme de la Divinité insondable, reçut des mains de son Epoux, pour régner éternellement avec lui, la robe d’innocence et d’immortalité.

Par la vertu de la croix, par les mérites de la Vierge, par l’intercession de notre mère Angèle, que le Seigneur Jésus-Christ nous conduise là où elle est. Amen.

La servante de Jésus-Christ, Angèle de Foligno, sauvée du naufrage de ce monde, s’envola vers les joies célestes, depuis longtemps promises à ses désirs, l’an 1309 de l’ère chrétienne, dans les premiers jours de janvier, sous le pontificat du pape Clément V.