Note 89:[ (retour) ] Voir [Planche XXXIII].
J'ay cy devant parlé d'un arbre qui s'appelle gouiave[90], qui croist fort communement audict pays, qui rend ung fruict que l'on nomme aussy gouiave, qui est de la grosseur d'une pomme de capendu [91], de couleur jaulne, & le dedans semblable aux figues verdes; le jut en est assez bon. Ce fruict a telle propriété, que sy une personne avoit ung flux de ventre, & qu'il mangeast dudict fruict sans la peau, il seroit guery dans deux heures, & au contraire à ung homme qui seroit constipé, mangeant l'escorche seulle sans le dedans du fruict, il luy lâchera incontinent le ventre, sans qu'il soit besoing d'autre médecine.
Figure du dict arbre [92].
Note 90:[ (retour) ] «Psidium (LINN.) Sa qualité est de resserrer le ventre, estant mangé vert, dont aussi plusieurs s'en servent contre le flux de sang; mais estant mangé meur il a un effet tout contraire.»—De Rochefort, Hist. des Antilles, etc., 1658. (Ed. Soc. Hakl.)
Note 91:[ (retour) ] «Espèce de pomme commune en Normandie, principalement au pays de Caux.» (Ed. Soc. Hakl.)
Note 92:[ (retour) ] Planche [XXXIV].
Il y a aussy ung fruict qui s'appelle accoiates[93], de la grosseur de grosses poires d'hiver, fort verd par dessus, & comme l'on a levé la peau, l'on trouve de la chair fort espaisse que l'on mange avec du sel, & a le goust de cherneaux, ou nois vertes: il y a ung28/32 noyau dedans de la grosseur d'une nois, dont le dedans est amer. L'arbre où croit ledict fruict est icy figuré, ensemble ledict fruict[94].
Note 93:[ (retour) ] «Ahuacahuitl, nom indigène, dont on a fait par corruption Agouacat, l'Avogade ou Avogada des Espagnols.» (Ed. Soc. Hakl.)
Note 94:[ (retour) ] Planche [XXXV].
Aussy il y a d'un fruict que l'on nomme algarobe[95], de la grosseur de prunes Dabtes, long comme cosses de febves, qui a une coque plus dure que celle de la casse, de couleur de chataigner. L'on trouve dedans ung petit fruict comme une grosse febve verte, qui a ung noiau, & est fort bon. Il est icy figuré [96]. J'ay veu ung autre fruict qui s'appelle carreau [97], de la grosseur du poing, dont la peau est fort tendre & orengée, & le dedans est rouge comme sang, & la chair comme de prunes, & tache où il touche comme les meures, il est de fort bon goust, & dit-on qu'il est tresbon pour guérir les morceures de bestes venimeuses[98].