Note 385: [(retour) ]
Vers le 20 de juin (1619, p. 14, note l).
Note 386: [(retour) ]
L'édition de 1619 porte: «Sur quoy ledit du Pont & moy advisasmes» (p. 14, note 2).
Je les fis tous assembler pour leur dire ma volonté, laquelle entendue, ils promirent nous fournir deux mil cinq cents hommes de guerre, qui feroient merveilles, & qu'à ceste fin je menasse de ma part le plus d'hommes qu'il me seroit possible: ce que je leur promis faire, estant fort aise de les voir si bien délibérez. Lors je commençay à leur descouvrir les moyens qu'il falloit tenir pour combattre, à quoy ils prenoient un singulier plaisir, avec demonstration d'une bonne esperance de victoire. Toutes ces resolutions prises, nous nous separasmes, avec intention de retourner pour l'exécution de nostre entreprise. Mais auparavant que faire ce voyage, qui ne pouvoit estre moindre que de trois ou quatre mois, il estoit à propos que je fisse un voyage à nostre habitation, pour donner ordre, pendant mon absence, aux choses qui y estoient necessaires. Et le jour ensuivant[387], je partis de là pour retourner à la riviere des Prairies, avec deux canaux de Sauvages[388].
Note 387: [(retour) ]
L'édition de 1619 porte; «Et.....le jour de.....ensuivant.» Vraisemblablement le 23 de juin. (Voir 1619, p. 16, note 1.)
Note 388: [(retour) ]
Ici encore, l'édition de 1619 renferme d'assez amples détails sur les Récollets, et sur les premières messes qu'ils dirent dans ce pays (p. 16-19).
Le 9 dudit mois [389] je m'embarquay moi troisiesme, à sçavoir l'un de nos truchemens, & mon homme, avec dix Sauvages, dans lesdits deux canaux, qui est tout ce qu'ils pouvoient porter, d'autant qu'ils estoient fort chargez & embarrassez de hardes, ce qui m'empeschoit de mener des hommes davantage.
Note 389: [(retour) ]
Le 9 de juillet 1615. (Voir 1619, p. 19.)
244/900Nous continuasmes nostre voyage amont le fleuve Sainct Laurent environ six lieues, & fusmes par la riviere des Prairies, qui descharge dans ledit fleuve, laissant le sault sainct Louys cinq ou six lieues plus à mont, à la main senextre, ou nous passasmes plusieurs petits sauts par cette riviere, puis entrasmes dans un lac[390], lequel passé, r'entrasmes dans la riviere, où j'avois esté autrefois, laquelle va & conduit aux Algoumequins, distante du sault sainct Louis de 89 lieues[391], de laquelle riviere j'ay fait ample description cy-dessus[392]. Continuant mon voyage jusques au lac des Algoumequins[393], r'entrasmes dedans une riviere [394] qui descend dedans ledit lac, & fusmes à mont icelle environ trente-cinq lieues, & passasmes grande quantité de sauts, tant par terre, que par eau, & en un pays mal agréable, remply de sapins, bouleaux, & quelques chesnes, force rochers, & en plusieurs endroits un peu montagneux. Au surplus fort desert, sterile, & peu habité, si ce n'est de quelques Sauvages Algoumequins, appeliez Otaguottouemin[395], qui se tiennent dans les terres, & vivent de leurs chasses & pescheries qu'ils font aux rivieres, estangs, & lac, dont le pays est assez muny. Il est vray qu'il semble que Dieu a voulu donner à ces terres affreuses & desertes quelque chose en sa saison, pour servir de rafraischissement à l'homme, & aux habitans de ces lieux. Car je vous asseure 245/901qu'il se trouve le long des rivieres si grande quantité de blues [396], qui est un petit fruict fort bon à manger, & force framboises, & autres petits fruicts, & en telle quantité, que c'est merveille: desquels fruicts ces peuples qui y habitent en font seicher pour leur hyver, comme nous faisons des pruneaux en France, pour le Caresme. Nous laissasmes icelle riviere qui vient du nort[397], & est celle par laquelle les Sauvages vont au Sacquenay pour traitter des pelleteries, pour du petum. Ce lieu est par les 46 degrez[398] de latitude, assez agréable à la veue, encores que de peu de rapport.
Note 390:[(retour) ]
Le lac des Deux-Montagnes.
Note 391: [(retour) ]
Lisez: 8 à 9 lieues. (Voir 1619, p. 19, 20.)