Note 658: [(retour) ]
Le P. Gervais Mohier était arrivé l'année précédente. (Prem. établiss. de la Foy, I, 342.)
Note 659: [(retour) ]
C'est le nom que les Français donnaient à Napagabiscou. Sa maladie et son baptême sont rapportés au long dans Sagard, Hist. du Canada, liv. II, ch. XXXV.
Mort & assassinat de Pierre Magnan, François, du chef des Sauvages appelle Réconcilié, & d'autres deux Sauvages. Retour d'Emery de Caen & du Père l'Allemand à Québec. Necessitez en la Nouvelle France.
CHAPITRE IV.
Le 25 d'Aoust un Sauvage nous apporta la nouvelle de la mort de Pierre Magnan, & du Reconcilié, & des autres deux Sauvages, qui nous dit qu'un Algommequin qui s'estoit sauvé dudit village des Yrocois leur avoit fait entendre au vray comme les ennemis les avoient traittez cruellement. Comme nos Ambassadeurs furent arrivez audit village des Yrocois ils furent bien receus, l'on les mena pour tenir conseil sur le subject de leur Ambassade: A mesme temps les villages 143/1127 circonvoisins en furent advertis, & là les chefs se treuverent pour le traitté de paix: & par malheur pour les nostres, c'est que les Algommequins (comme j'ay dit cy-devant) avoient esté à la guerre contre les Yrocois, & en avoient tué cinq, qui fut le subject que des Sauvages appellez Ouentouoronons[660] d'autre nation, amis desdits Yrocois, vindrent en diligence pour se venger sur ceux qui estoient alliez, & les tuèrent à coups de haches sans que lesdits Yrocois les peuvent empescher, leur disant, Pendant que vous venez pour moyenner la paix, vos compagnons tuent & assomment les nostres, ainsi perdirent la vie malheureusement. Pour le Reconcilié il meritoit bien cette mort, pour avoir massacré deux de nos hommes aussi malheureusement au Cap de Tourmente[661], & ledit Magnan natif d'un lieu proche de Lisieux, avoit tué un autre Magnan. à coups de bastons, dont il fut en peine, & avoit esté contraint de se retirer en la nouvelle France. Voilà comme Dieu chastie quelque fois les hommes qui pensent esviter sa justice par une voye & sont attrapez par une autre. Ces nouvelles nous apporterent un grand desplaisir, tant pour nous voir hors d'esperance de cette paix, qui nous pouvoit apporter de la commodité pour avoir les passages plus libres à nos Sauvages, de pouvoir chasser & pescher. De plus qu'ayant fait mourir un de nos hommes de cette façon, cela alloit à telle consequence que si nous ne nous en ressentions il falloit estre tenus de tous les peuples hommes sans courage, & estre aux 144/1128risques de recevoir souvent tels affronts si nous ne mettions peine de nous en ressentir.
Note 660: [(retour) ]
Les mêmes que les Entouoronons, ou Tsonnontouans.
Note 661: [(retour) ]
Ce double meurtre fut commis vers la fin de l'été 1616. (Voir 1619, p. 114 et s.)
Ces nouvelles arrivées de la mort des Ambassadeurs parmy nos Sauvages, de rage & de desplaisir qu'ils eurent ils[662] prindrent ce jeune garçon Yrocois qu'ils avoient retenu pour ostage, ils luy arrachent les ongles, le bruslent à petit feu avec des tisons, luy faisant souffrir plusieurs tourments, & ainsi mal traitté en firent un present à d'autres Sauvages pour l'achever de le faire mourir, & les obliger de les assister en leur guerre contre lesdits Yrocois, lesquels Sauvages prirent le garçon, le lièrent à un poteau le bruslant peu à peu. Comme il estoit en ces douleurs extrêmes ils luy coupèrent les mains, les bras, luy levant les espaules, & estant encore vif luy donnèrent tant de coups de cousteaux, qu'il mourut ainsi cruellement, & chacun en emporta sa pièce qu'ils mangèrent.
Note 662: [(retour) ]
Les Algonquins, et non pas les Ouentouoronons. (Voir ci-dessus, p. 140.)