Note 723: [(retour) ]

Nouvelle preuve que la chaloupe de Desdames n'était arrivée ni le 25 de mai, ni encore moins le 25 avril. (Voir ci-dessus, p. 222.)

Note 724: [(retour) ]

Ce jeune Des Marais était le fils du sieur Des Marais dont il est parlé si souvent dans les relations précédentes. Il était venu avec son grand-père en 1627. (Voir ci-dessus, p. 141.)

Le lendemain [725], qui estoit le Dimanche, au sortir de la saincte Messe je fais assembler tout le peuple, avec la copie de la commission du sieur du Pont, les articles de sa Majesté & la commission de Monseigneur le Vice-Roy, auquel véritablement je fais entendre le pouvoir que pouvoit donner ledit sieur de Caen à ses commis, differens d'avec celuy que j'avois selon les articles de sa Majesté, que je fis lire contenant aucuns poincts de la commission dudit du Pont, & en suitte ma commission, qui estoit fort ample, disant à tous: Je vous fais commandement de par le Roy, & Monseigneur le Vice-Roy, que vous ayez à faire tout ce que vous commandera ledit du Pont, pour ce qui touche le trafic & commerce des marchandises, suivant les articles de sa Majesté que je vous ay fait lire, & du reste de m'obeir en tout & par tout en ce que je commanderay, & où il y aura de l'interest du Roy & de mondit Seigneur, en me reservant dix hommes gagez dudit de Caën, suyvant les articles resolus de toute la societé, desquels ledit de Caen avoit esté porteur, & me les mit en mains, par l'un desquels estoit porté & enchargé me donner dix hommes, avec toutes les commoditez necessaires pour les employer au Fort, ainsi que j'aviserois bon estre. J'ay creu que ledit sieur de Caen ne s'en ressouvenoit plus, car il 228/1212n'y avoit pas d'apparence qu'il eust voulu disputer une chose où luy-mesme avoit signé, & le sieur Dolu, & autres associez. La chose la plus importante estoit de se fortifier le mieux que l'on pourroit pour la conservation du païs, qu'à faute de ce faire c'estoit le laisser en proye à un ennemy qui peut recognoistre nostre foiblesse, sans que ledit du Pont ny autres pussent empescher l'effect du commandement que j'ay, sur peine de desobeissance, & punition corporelle.

Note 725: [(retour) ]

Vraisemblablement le 17 juin, qui était un dimanche. (Voir ci-dessus, note 1 de la page 222.)

Je voy bien (dist le sieur du Pont) que vous protestez ma commission de nullité: Ouy en ce qui heurte l'authorité du Roy & de Monseigneur le Vice-Roy, pour ce qui est de vostre traicté & commerce, suivant les articles de sa Majesté, à quoy il se faut tenir, cela se passa ainsi.

La chalouppe (comme j'ay dit cy-dessus) estoit venue de Gaspey, qui interrompit le dessein dudit du Pont de s'en aller, d'autant que son intention n'estoit qu'au cas qu'il n'y eust aucun vaisseau à Gaspey où il peust s'en retourner, de revenir à Québec sans se mettre en peine de passer plus outre pour chercher passage & aller en France dans les vaisseaux François, qui pouvoient estre à l'isle de S. Jean, du Cap Breton, Canseau, Isles de S. Pierre, Plaisance où autres ports, qui sont à l'isle de Terre-Neufve, où il y en avoit, & sembloit qu'il ne voulust aller à Gaspey que pour establir les François avec les Sauvages & s'en revenir à Québec: les matelots qui ne desiroient plus y retourner 229/1213craignant de mourir de faim, avoient volonté de courir le risque & de chercher passage plustost que de demeurer avec les Sauvages, si ce n'estoit par force: Ce qui me fit luy demander si c'estoit son intention de s'embarquer en la barque, s'il avoit dessein de s'en retourner à Gaspey, il me dit qu'ouy: Alors je luy dis, que pensez-vous qui vous rameine, regardez ce qu'avez à faire, car les matelots ne sont pas délibérez de revenir, & ainsi vous vous trouverez deceu si vous vous attendez à cela, vous voyez que l'on descharge l'habitation de plus d'hommes que l'on peut, ne faisant estat que d'y faire demeurer treize à quatorze personnes, & vous revenant, vous en amènerez une douzaine, ce seroit pour mourir de faim les uns pour l'amour des autres, il n'y a pas beaucoup d'apparence: joint que quelques matelots sont resolus de demeurer avec les Sauvages de par delà, & le reste d'aller chercher passage à quelque prix que ce soit, mesme que ne trouvant vaisseaux ils se veulent bazarder de passer la mer en ceste barque, & si n'avez volonté de passer plus outre, je vous conseille plustost de demeurer icy: car aussi bien vostre voyage seroit inutile, estant contraint de demeurer avec les Sauvages ou courir le hazard avec les matelots.

Ce qu'entendant il desira plustost demeurer, que de se mettre au risque, appréhendant la peine qu'il pensoit avoir en ce voyage pour le mal des goûtes qui le tourmentoient de telle façon, qu'il estoit plus couché que debout, cela resolu il fit descharger de la barque 500 castors, de mil qu'il y avoit fait mettre.

230/1214Je fis d'amples mémoires de tous les deffauts que je recognoissois, avec lettres adressantes à sa Majesté, à Monseigneur le Cardinal, & à Messieurs du Conseil, & aux Associez, mettant le tout entre les mains de mon beau-frère Boullay, lequel j'avois bien instruit de tout ce qui estoit necessaire, luy donnant une commission suivant le pouvoir que j'avois: & luy commanday de s'en aller avec les matelots chercher passage à quelque prix que ce fut, luy donnant charge de laisser à Gaspey avec Juan Chou & ses compagnons Sauvages, tous ceux qui y voudroient demeurer, & ceux qui le voudroient suivre qu'il les emmenast avec luy. J'ordonnay à tous ceux qui devoient s'en retourner, qu'ils allassent dans les bois deux ou trois tours premier que partir pour chercher des racines pour leur provision, attendant qu'ils peussent rencontrer la pesche de molue vers Mantane: Ce qu'ayant fait je les faits tous assembler, voulant sçavoir la volonté des uns & des autres, sçavoir ceux qui desiroient demeurer à Gaspey, & ceux qui vouloient suivre mon beau-frère, il s'en treuva vingt, de trente qu'ils estoient[726], qui desirerent demeurer à Gaspey, entr'autres Foucher, Desdames & deux autres Matelots, & le reste desiroit courir risque.

Ayant mis ordre à tout, mon beau-frère partit avec sa barque[727] & tout son esquipage, le 26 de Juin, laquelle n'avoit que des racines, si ce n'estoient aucuns qui par leur mesnage avoient quelque 231/1215peu de farine de pois. La barque partie chacun de ceux qui restoient commencèrent à labourer la terre, & y semer des naveaux, pour nous survenir durant l'hyver: en attendant la moisson on estoit tous les tours à la recherche des racines pour vivre, ce qui causoit de grandes fatiques, car on alloit six à sept lieues les chercher, avec une grande peine & patience, sans en treuver en suffisance pour nous nourrir. Les autres faisoient ce qu'ils pouvoient pour prendre du poisson, & faute de filets, lignes & hains, nous ne pouvions faire grande chose: la poudre pour la chasse nous estoit si chère que je desirois mieux pâtir que d'user si peu que nous en avions qui n'estoit pas plus de 30 à 40 livres, & encore très mauvaise.

Note 726: [(retour) ]

Ils étaient trente en comptant Boullé lui-même. (Pièces justificatives, n. III.)