Puis, le juge regarde le public, et constate que tous restent silencieux, osant à peine respirer, comme si l'on venait d'entendre le mot le plus ardemment souhaité.
Enfin le juge regarde le défendeur. Maintenant c'est à lui de baisser la tête et de regarder le sol.
De nouveau le juge s'adresse à la pauvre jeune fille:
—Il en sera comme tu désires, dit-il. L'affaire sera rayée, ajoute-t-il, s'adressant au greffier.
Le défendeur fait un geste comme pour faire une objection:
—Qu'est-ce que c'est? lui crie le juge. Tu as quelque chose à redire à cela?
Le défendeur baisse la tête un peu plus et d'une voix à peine perceptible, il répond:
—Oh! non, cela vaut sans doute mieux ainsi.
Le juge reste un instant immobile, puis repoussant le lourd fauteuil, il se lève et se dirige vers la demanderesse.
—Je te remercie, dit-il en lui tendant la main.