—Oh! non, personne n'est plus malheureux que moi.
—Toi, tu es jeune et en bonne santé. Tu verrais seulement ce que doit supporter ma mère. Elle est si percluse de douleurs qu'elle ne peut plus remuer et pourtant elle ne se plaint jamais.
—Elle n'est pas abandonnée de tous comme moi.
—Tu n'es pas abandonnée, toi non plus. Je viens de parler de toi à ma mère et elle m'a chargé d'un message pour toi.
Les sanglots cessèrent. On avait la sensation d'entendre le grand silence de la forêt qui continuait à retenir son haleine dans l'attente de l'événement merveilleux.
—Je devais te dire de te rendre auprès d'elle demain, pour qu'elle ait l'occasion de te voir de ses propres yeux. Elle se propose de te demander si tu veux venir servir chez nous.
—Elle se propose de me le demander à moi?
—Oui, mais elle veut te voir d'abord.
—Sait-elle que...
—Elle en sait autant que tout le monde.