Helga était assise au bord de la route. Le menton sur la main, elle regardait le sol. Elle essayait de se figurer quel bonheur pourrait être celui de Gudmund et de Hildur.
Tandis qu'elle restait là, un valet de Närlunda vint à passer. Il s'arrêta en l'apercevant.
—Helga, as-tu entendu cette histoire de Gudmund?
Elle répondit oui de la tête.
—Heureusement que ce n'était pas exact. Le vrai meurtrier est déjà sous les verrous.
—Je savais bien que cela ne pouvait pas être vrai, dit Helga.
Puis, l'homme s'en alla, mais Helga resta toujours assise au bord de la route.
Donc, ils le savaient déjà à la ferme!... Elle n'avait plus besoin d'aller le leur raconter.
Elle se sentit étrangement abandonnée. Dans la journée, elle avait été animée d'une telle ardeur. Elle n'avait pas pensé à elle-même, elle n'avait eu qu'une seule idée, celle de remettre sur pied l'union de Gudmund avec Hildur. Mais maintenant il lui apparut combien elle était seule. Et cela était bien dur de n'être plus rien pour ceux qu'on aime. Maintenant, Gudmund n'avait plus besoin d'elle, et son enfant, à elle, sa mère l'avait fait sien. C'est à peine si on lui accordait de le regarder.
Elle se disait qu'il fallait se lever pour rentrer. Mais les côtes lui paraissaient longues et pénibles. Elle ne savait pas où elle trouverait la force de les monter.