—Qui est-ce qui est mort par ici? demanda-t-il à un gamin qui musait près de la barrière.

—C'est l'aubergiste lui-même, répondit le gamin.

Et il raconta au pasteur que depuis une semaine l'aubergiste se soûlait tous les jours.

—Ah que d'eau-de-vie! que d'eau-de-vie on a fait couler! s'exclama le gamin.

—Comment cela se fait-il, demanda le pasteur. L'aubergiste ne se soûlait jamais auparavant.

—Il buvait, dit le gamin, parce qu'il prétendait avoir trouvé une mine. Il était tellement riche, disait-il. Il n'aurait jamais plus besoin de faire autre chose que de boire. Et hier soir, il partit en voiture tout bu qu'il était; la voiture versa et il fut tué net.

Lorsque le pasteur eut tout appris, il reprit son chemin. Il était bien attristé de ce qu'on lui avait raconté. Il était revenu si heureux, se réjouissant à l'idée de communiquer la grande nouvelle.

À peine eut-il fait quelques pas, qu'il vit Israëls Per Persson s'avancer vers lui. Il avait son aspect ordinaire, et le pasteur se dit qu'heureusement, la fortune n'avait pas tourné la tête à celui-là. Il ne fallait pas tarder à le rendre heureux en lui annonçant que, dès maintenant, il était un homme riche.

—Bonjour! dit Per Persson. Tu reviens de Falun, maintenant?

—Oui, répondit le pasteur, et je viens te dire que tout s'est passé bien mieux que nous n'aurions pu l'imaginer. L'inspecteur des mines m'a dit que c'est du minerai d'argent que nous avons trouvé.