—Je n’ai pas peur de venir près de toi, répondit Nils en accourant. Le chien, en l’apercevant, fut si stupéfait qu’il ne trouva pas un mot à dire.

—C’est moi qu’on appelle Poucet, et qui accompagne les oies sauvages. N’as-tu pas entendu parler de moi?

—Je crois en effet que les pierrots ont gazouillé quelque chose sur toi, dit le chien. Il paraît que tu as fait de grandes choses.

—J’ai vraiment eu beaucoup de chance jusqu’ici, répondit le gamin, mais cette fois je suis mort si tu ne me sauves. Un renard me poursuit. Il s’est caché derrière le coin de la maison.

—En vérité, je le flaire, répondit le chien. Mais tu en seras vite débarrassé.

Le chien s’élança en aboyant et en jappant aussi loin que lui permettait sa chaîne.

—Il ne se montrera plus de la nuit, dit-il, content de lui-même en revenant près de Nils.

—Il faut autre chose qu’un aboiement pour chasser ce renard-là, dit Nils. Il va revenir, et je me suis promis que tu le feras prisonnier.

—Tu te moques de moi, fit le chien.

—Viens dans ta niche et je te raconterai mon projet.