Lorsque les visiteurs furent partis, le père et la mère restèrent un moment à la grille, regardant s’éloigner la voiture.

—Je ne veux plus être triste, père, puisque nous avons entendu dire tant de bien de Nils, s’écria la mère.

—Ils n’ont pas dit beaucoup de choses en somme, dit le père songeur.

—Ça ne te suffit-il pas qu’ils soient venus ici exprès pour nous proposer leurs services en remerciement de ceux que Nils leur a rendus? Je trouve même que tu aurais pu accepter leur offre.

—Non, non, la mère! Nous n’accepterons de l’argent de personne ni en prêt ni en cadeau. Je veux d’abord me débarrasser de mes dettes; nous nous relèverons bien. Nous ne sommes pas encore décrépits, j’espère, hein?

Le père rit en prononçant ces mots.

—On dirait que tu te réjouis de te défaire de cette terre où tu as mis tant de travail, dit la mère d’un ton de reproche.

—Tu ne comprends donc pas pourquoi je ris? dit le père. C’est cette idée que Nils était perdu qui m’a ôté les forces, vois-tu. Maintenant que je sais qu’il vit, et qu’il promet de devenir un homme honnête, tu verras que Holger Nilsson est encore capable de travailler.

La mère rentra dans la maison, et Nils dut rapidement se cacher dans un coin, car le père se dirigeait vers l’écurie. Il alla auprès du cheval, et s’empara encore une fois du pied boiteux pour chercher où était le mal.

—Qu’est-ce qu’il y a donc là? s’écria-t-il en voyant quelques lettres gravées sur le sabot.