» Je suis innocent ! Vive la France !
» La foule n’a pas entendu, mais elle a vu Dreyfus se tourner vers elle et crier.
» Une formidable bordée de sifflets lui répond, puis une clameur qui passe comme un souffle de tempête au travers de la vaste cour :
» — A mort ! A mort !
» Et, au dehors, un remous terrible se produit dans la masse sombre et les agents ont une peine inouïe à empêcher le peuple de se précipiter sur l’École militaire et de prendre la place d’assaut, afin de faire plus prompte et plus rationnelle justice de l’infamie de Dreyfus.
» Dreyfus continue sa marche. Il arrive devant le groupe de la presse.
— Vous direz à la France entière, dit-il, que je suis innocent. »
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Rien ne saurait traduire exactement l’effet de cette lecture.
Elle a été marquée par un incident assez rare, je crois, et significatif : le défenseur, les joues soudain inondées de larmes, interrompu, vaincu par sa propre émotion.