« ..... en décembre 1893, il y a sept mois, etc. »

La cause est donc entendue.

Mais on a agacé la défense. Avec son habileté ordinaire, ce talent de stratégie qui lui est particulier et caractéristique, Me Tézenas tend un piège au témoin qui y donne tête baissée, volontairement, et de bien émouvante façon !

Le subtil avocat a tiré de sa serviette le fac-similé comparatif de lignes entremêlées, que, par la poste, tout le monde a reçu. C’est, je crois, le document qui fera le plus, dans l’opinion, pour stimuler le doute, quant au cas du capitaine Dreyfus.

Me Tézenas stigmatise cette propagande « effrénée », interpelle le frère du condamné sur ce qu’elle a pu lui coûter.

— On parle de trois cent mille francs...

Ah ! bien, ce n’est toujours pas six millions !

— C’est mon affaire riposte vivement Mathieu Dreyfus.

— Vous avez le droit de défendre votre frère ici, mais pas ailleurs ! réplique Me Tézenas.

Et l’homme en deuil, soulevé par sa passion fraternelle, de crier :