— Ah ! c’est que voilà, je ne la sais pas !
— Comment ?
— Non. Je suis arrivé au petit jour avec un autre qui avait une lettre. J’ignore le nom de notre hôte et j’ai oublié, en sortant, de regarder celui de la rue. Quand je retrouverai mon compagnon, sur la place, il me dira tout cela...
N’est-ce pas très émouvant, dans son évangélique simplicité ? C’était l’habitude anarchiste, depuis bien des années. Les événements l’ont étendue. Dans le rapprochement qui s’est effectué entre les « abjects » érudits et le peuple, ceux-là ont été gagnés par la noble contagion hospitalière de celui-ci.
Vienne qui voudra en nos demeures ! Nous avons donné nos signatures, notre verbe, nos personnes... voici maintenant nos logis !
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Et les vieux maîtres sont descendus chez les anciens élèves aujourd’hui maîtres à leur tour ; et des amis jusque-là ignorés ont pris place, comme des parents qui reviennent, parmi les gros livres, au calme foyer.
M. Dottin, professeur de grammaire et de philologie, héberge les Havet ; M. Basch, professeur de littérature étrangère, donne asile à Jaurès, MM. Giry et Psichari ; M. Aubry, professeur de droit, attend MM. Trarieux et Painlevé ; M. Sée, professeur d’histoire, loge MM. Hérold, Auguste Molinier et Henri de Bruchard ; M. Jacques Cavalier, professeur de chimie, a pris chez lui Henry Leyret.
Voilà pour les officiels, sans compter le surplus d’hôtes que l’on attend encore, les Monod, etc.
Tandis que monsieur Vignols a offert et abandonné sa villa au colonel Picquart, à Edmond Gast, au docteur Paul Reclus.