L’Indulgence. La Révolte. La Justice. Une fois de plus ces trois puissances doivent révolutionner le monde — et le pauvre Lazare que voilà, dans son linceul à galons d’or tout neufs, leur doit d’émerger du sépulcre !

LE BYZANTINISME
DU
GÉNÉRAL MERCIER


J’accuse, enfin, le premier Conseil de guerre d’avoir violé le droit en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète.

(ÉMILE ZOLA.)

Rennes, 13 août, 1899.

Je voudrais que tous ceux que l’on a abusés, trompés, que l’on trompe et que l’on abuse encore, assistassent, par eux-mêmes, aux débats du Conseil de Guerre ; qu’ils pussent voir et toucher, comme saint Thomas, les vérités qu’on leur a dissimulées ou travesties.

Mais ainsi que toute une bibliographie existe, de notre côté, sur l’affaire Dreyfus, témoignant de notre souci, de notre scrupule, de notre désir à découvrir la solution du problème, tandis qu’il n’est, de l’autre part, qu’un seul livre là-dessus — le Procès Zola, de M. Georges Bonnamour, bien suggestif à consulter aujourd’hui — ainsi ce ne sont point des adversaires qui se sont montrés le plus empressés à venir ici, aux sources mêmes, chercher la précision et l’exactitude du fait.

Je le regrette. Car il n’est pas un être de bonne foi qui, ayant vu, ayant entendu, se trouvant donc en situation de contrôler les récits, les soi-disant comptes rendus de la plupart des feuilles nationalistes, ne demeurerait stupéfait, et quelque peu honteux, d’avoir accordé créance à de semblables... imaginations !

Heureusement, le document est là, qui peut parer à l’absence, permettre, à qui le voudra, en toute loyauté, de certaines épreuves.