C’est là-dessus qu’il aurait fallu lever la séance, et non sur l’exhibition, trop comique pour n’être pas un peu pénible, du pauvre M. Bertillon.

Il est fonctionnaire ; il « brûle » de parler, mais il ne le peut.

A défaut de révélations, il stupéfie l’assistance par un schéma qui résume son expertise graphologique ; le schéma, en vertu duquel Dreyfus fut condamné — et où l’on distingue un escargot, un cœur, des flèches, une forgerie, des bastions, un chemin de ronde et une inscription, entre autres: « Feu partout ! »

Les jurés, auxquels on a passé des exemplaires, contemplent, retournent ; un, même, regarde au travers.

La nuit tombe : « Araignée du soir, espoir ! »

Cependant que deux généraux (j’aurai la générosité de ne les point nommer), s’imaginant tout de bon qu’il s’agit d’un plan stratégique, prennent en mépris l’infortuné Bertillon qui se tortille à la barre, comme en proie à de violentes tranchées.

— Quel âne ! dit l’un, doctoralement. Non, mais, croyez-vous, quel âne !...

VII

LA JOURNÉE DES AUGURES

13 février.