VIII Rétablir le combat par un acte de fermeté.

Voici maintenant, selon moi, ce qu'il convient de faire après le combat:

IX Si les débuts de la guerre ont été heureux, il faut achever la victoire.

X Si l'on a essuyé des revers, il faut y remédier.

XI Maintenir dans le devoir ceux dont la fidélité est douteuse.

XII Ce qu'il faut faire pour la défense du camp, lorsqu'on n'a pas assez de confiance en ses forces.

XIII De la retraite.

I. Choisir le moment pour combattre.

1 P. Scipion, en Espagne, ayant appris qu'Hasdrubal, général des Carthaginois, s'avançait contre lui en bataille, dès le matin, avec des troupes qui étaient à jeun, retint les siennes dans le camp jusqu'à la septième heure, leur fit prendre du repos et de la nourriture; puis, quand l'ennemi, pressé par la faim et la soif, et fatigué d'avoir été longtemps sous les armes, se mit à regagner son camp, Scipion fit tout à coup sortir son armée[54], engagea le combat, et remporta la victoire.

2 Metellus Pius, ayant affaire à Hirtuleius, en Espagne, et voyant que celui-ci s'était approché de ses retranchements dès la pointe du jour, avec son armée rangée en bataille, dans le temps le plus chaud de l'été, se tint renfermé dans le camp jusqu'à la sixième heure du jour; et, avec ses troupes ainsi ménagées et fraîches, il défît aisément un ennemi que l'ardeur du soleil avait abattu.